Verbe d’argent ou verbe d’or

Au commencement, c’est bien lui qui était là. Le verbe. Ou la parole, selon la traduction. Mais voilà : sans lui, la Bible, que je viens de paraphraser, n’existerait pas (oui, un livre sans paroles, c’est compliqué). Oui, au commencement était le Verbe. Célébrissime phrase dont le sens s’étend loin, si loin.

Je travaille avec les mots, donc le verbe, depuis plus de deux décennies. Et dans le texte que je suis en train de rédiger, que vous êtes en train de lire, je vais mêler mes dernières prises de conscience avec mes valeurs les plus ancrées. Et ma foi, c’est assez rassurant et nourrit un espoir fou.

Depuis l’enfance, je connais cette expression : la parole est d’argent, le silence est d’or. Vous aussi, hein ? Et il y a cet autre aussi, que j’aime beaucoup et qui me rappelle un concours de l’Eurovision – on devait l’avoir ce week-end et c’est un rituel pour moi, je suis très déçue – qui date du siècle dernier. C’était le titre de cette chanson qui a bien failli gagner ex-aequo cette fois-là et puis on a perdu à cause d’une règle que personne ne connaissait.

” Le dernier qui a parlé a raison “. Amina avait si bien porté les couleurs de la France en 1991 (oups, je pensais que c’était plus récent). Mais voilà un deuxième point très important : la dernière parole entendue est celle qui demeure.

Tout à l’heure, en ce premier dimanche de déconfinement, je me promène sur Instagram. Et je vois ce compte, un des nombreux comptes de développement personnel que je suis. Celui de Fanny Huleux. Aujourd’hui, elle a commis un post qui m’a littéralement fait tomber de ma chaise.

Elle a dit une chose que je trouve fondamentale. Elle a parlé d’anticiper. Anticiper nos objectifs, nos rêves, nos envies. Je la cite, ” vous n’obtenez pas ce que vous voulez mais plutôt ce que vous anticipez.

lumière ampoule idée verbe
Au commencement était le Verbe. Et la lumière fut ! En tout cas, dans ma tête !

Et là, résonne dans ma tête cette phrase adorée des community managers peu inspirés en ce moment : ” ARRÊTEZ TOUT “. Oui, toi, Flora-Lyse, arrête tout. Concentre-toi sur la puissance de ce mot, de ce simple verbe : ” anticiper “.

Je me dis que franchement, cette femme a découvert la roue. En tout cas, ma roue. Pourquoi ? Parce que plus que la loi d’attraction, plus que l’affirmation positive, ce verbe, ” anticiper ” est d’une puissance absolue quand vous avez un projet, une envie, un objectif, un rêve.

Pourquoi ? Examinons d’abord sa définition selon le dictionnaire Larousse :
1. agir comme si on pouvait disposer de quelque chose qui n’existe pas encore : Il a anticipé sur l’héritage de son oncle.
2. révéler ce qui, dans un discours, un récit, ne doit être connu que plus tard : Mais j’anticipe, et ne voudrais pas gâcher mon récit.
3. prévoir, supposer ce qui va arriver et adapter sa conduite à cette supposition : Politicien qui anticipe sur les élections à venir.

Qu’observe-t-on dans ces trois sens décrits ? Aucun ne laisse place au doute. Aucun. Et dans le développement personnel comme dans celui d’un business, n’importe lequel, le doute n’est-il pas notre pire ennemi ? Celui qui nous fait vaciller, plier puis abandonner alors que nous étions armés des meilleures intentions ?

Réfléchissons ensemble. Rappelons-nous la dernière fois que nous avons anticipé quelque chose de plutôt important. À titre personnel, j’ai pensé à la recherche de mon 14e appartement. Oui, le 14e appartement occupé dans mon existence avec mon nom sur le bail. Passons sur le chiffre mais penchons-nous un peu plus sur le fait de chercher une telle chose, fondamentale.

Malgré les apparences, chercher un logement n’a jamais été une partie de plaisir pour moi, qui ai toujours plus ou moins été précaire donc pas adorée des bailleurs. Passons sur mon patronyme et sur mon teint (oui, ça reste discriminatoire en France de nos jours, testé pour vous). Mais les circonstances d’une telle quête n’ont jamais été aussi dantesques qu’à Paris en ce qui me concerne. JAMAIS.

Ces infâmes taudis qu’on essaie de vous fourguer à prix d’or, ces jolis endroits qui restent sombres alors que le soleil brille dehors parce que les immeubles d’en face sont à deux mètres (voire moins) de toutes les fenêtres. Ces salles de bains couloirs. Et ces cuisines inexistantes. Sans parler des loyers démentiels. Ou encore ces files d’attentes regonflées tous les quarts d’heure par 20 nouvelles personnes pour un deux-pièces. Ces agents immobiliers qui se moquent éperdument de vous et de votre dossier parce qu’en fait, il y a 50 personnes avant et 50 après vous. Non, vraiment, je n’avais jamais vu ça.

Pourtant, quand je rentrais de ma semaine parisienne dans mon nouveau travail, je continuais à examiner les petites annonces et faisais mes cartons dans mon appartement lillois. Pourquoi ? Parce que malgré tout ce grand n’importe quoi incertain énoncé plus haut, je n’envisageais même pas de ne pas trouver de logement.

J’ANTICIPAIS.

Aucune place au doute. À la lassitude de toutes ces visites, certes. Au ras-le-bol de recevoir continuellement ce mail disant que l’appartement visité était loué ” mais qu’on conservait mon dossier pour d’éventuelles opportunités “, bien entendu. Mais j’ai toujours su que j’obtiendrai un appartement. Ce qui fut le cas. Et plutôt rapidement selon mes collègues (ce qui me fait encore plus halluciner).

Tout ça pour vous dire que ce verbe, ” Anticiper “, est un verbe en or. Qu’il faut le garder, le chérir. L’appliquer, le répéter à l’envi quand vous évoquez vos rêves et objectifs. Qu’agir en fonction de lui serait judicieux, tout en demeurant sage. N’allez pas acheter une Porsche à crédit en anticipant votre prochaine fortune, hein ?! Mais par exemple, nous sommes dimanche soir. Personnellement, après avoir rédigé et partagé ce texte, je vais anticiper ma semaine, utiliser mon semainier, mon agenda, tout écrire. Ma stratégie, mes tâches selon une méthode bien éprouvée.

Et ma semaine sera très prolifique, car je compte lancer quelques nouveautés, et j’anticipe leur succès en le préparant d’arrache-pied par mon travail. Acharné, méthodique aussi. Voilà. Ça paraît tellement simple finalement, vous trouvez, vous aussi ?

Anticiper est un verbe en or, oui. Alors que le silence ne l’est pas forcément finalement. Sinon, on communique comment ? Quant au dernier qui a parlé, oui, il a raison car sa parole reste en nous. Donc choisissons bien nos interlocuteurs. Comme les comptes Instagram à suivre, qui peuvent entraîner des prises de conscience franchement utiles.

Et ça fait un bien fou. Enfin de la lumière.

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