Les limites de l’empathie : la valeur du dialogue

En ce moment, le monde à nos fenêtres hexagonales a un tout petit peu changé ses horizons. La Covid est en recul. Nous revoilà les yeux braqués sur l’Oncle Sam de l’autre côté de l’Atlantique et sur ce qu’il nous renvoie. De lui et de nous.

Avez-vous lu les Quatre accords toltèques de Miguel Ruiz ? Non ? Alors vraiment, je vous recommande de vous ruer chez votre libraire (qui a besoin de vous en ce moment) et de vous procurer cet ouvrage précieux.

Le deuxième accord toltèque que nous passons avec nous-mêmes consiste à  » ne jamais en faire une affaire personnelle « . Donc de ne jamais se sentir attaqué personnellement. Ok. C’est dur mais pourquoi pas. Le troisième accord nous enjoint de ne faire aucune supposition. Autrement dit, de ne pas avoir de préjugés et de poser des questions.

Cet ouvrage devrait être au programme de tous les écoliers du monde. C’est ma conviction. Et pourquoi je dis écolier ? Parce qu’ensuite, les choses se gâtent. En fait, cet ouvrage, on devrait l’expliquer aux enfants dès la maternelle. Pour information, le premier accord toltèque nous dit que notre parole doit toujours être impeccable. Et le quatrième nous enjoint à toujours faire de notre mieux.

Est-ce que le monde ne serait pas un endroit bien plus agréable si chacun avait l’habitude de ne pas parler à tort et à travers, de ne pas prendre les choses personnellement, de ne faire aucune supposition (donc de s’assurer de la véracité de ses croyances… donc de vérifier l’information) et de toujours faire de son mieux ?!

Avouez, le monde qui respecte ces accords, c’est tentant, non ?

Nous avons un contre-exemple grandiose en ce moment avec les réactions contre le racisme supposé ou pas de certain.es dans les forces de l’ordre et dans la société en général. Dans ce pugilat public, qui écoute l’autre ? Qui ?

Peu, très peu de gens. Et c’est bien dommage car l’empathie, cette qualité merveilleuse qui fait énormément avancer, est fille de l’écoute et de l’observation. Et vous savez quoi ? Elle est au coeur de mon métier. De journaliste et d’autrice aussi. Parce qu’il faut savoir se glisser dans la peau de quelqu’un d’autre pour faire mouche.

trois singes Perles & Équilibre accords
Ces trois-là ne font que rarement avancer le schmilblick. Et s’ils nous ressemblaient terriblement ? Crédit photo : Bruno /Germany de Pixabay

C’est pour cette raison que les loooooongues interviews sont souvent les meilleures comme celles que permettent Rêve de Gosse. Que les relances issues de l’écoute pour obtenir des précisions sur tel ou tel point ne sont jamais vaines. Alors que parfois, ça peut juste tomber sous le sens pour l’un des interlocuteurs. Mais pas pour le second.

« Il n’y a pas de question idiote « , me disais-je souvent en reportage. Parfois, quand nous étions plusieurs journalistes, je pouvais poser cette question à la c…, avec un interviewé qui vous toise littéralement après avoir levé les yeux au ciel. Dans ces cas-là, soit il vous méprise jusqu’à la fin et c’est terminé. Soit il vous demande, à vous, pourquoi cette question.

Ma réponse est souvent simplissime dans ces cas-là : «  Je n’ai pas compris ce que vous avez dit/Je ne connais absolument pas cet aspect. Je ferai quelques recherches mais pour mieux restituer ce que vous voulez dire aux lecteurs, ce serait bien d’avoir votre définition. Ça me permettra de comprendre pleinement votre démarche. Et de mieux l’expliquer. « 

Bon, je vous ai fait la version longue. En général, c’est souvent : «  Je n’ai pas compris en fait. Donc ça va être compliqué pour expliquer correctement aux lecteurs « . Souvent, il y a un temps d’arrêt. Et on m’explique. Ou alors, le mépris relance une offensive :  » Vous ne connaissez pas cela ?  » J’ai souvent répondu en prenant un peu de jargon journalistique puis en demandant à la personne si elle savait de quoi je parlais. Non, évidemment. Donc j’obtenais mon explication. En général.

La supposition est l’ennemie de tous, surtout du journaliste ou de la personne qui souhaite communiquer. La dissiper est un impératif. Dans tous les compartiments de nos vies. Sommes-nous prêts à questionner, à nous questionner et à nous laisser questionner ?

Je voulais vous écrire un texte sur le racisme. En tant que métisse, ça me touche personnellement. J’avais envie de vous raconter un peu de mon vécu. Mais j’ai lu les accords toltèques et m’efforce de les appliquer : on est en plein sur le deuxième, là. Qui a dit que c’était facile d’appliquer ces accords ?! Certainement pas mois mais c’est comme tout, ça vient à force de pratiquer.

Donc vous savez quoi ? Je pratique. Et mon cerveau est parti tout seul ailleurs, dans un sujet tout aussi intéressant mais moins négatif. Ça finit par rentrer ! C’est une excellente nouvelle. Par conséquent, je préfère me pencher sur ce que je peux améliorer que remuer les divisions que la vermine crée à longueur de temps. Je vous ai parlé d’empathie.

Et ça fait un bien fou. Enfin de la lumière.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *